Project Description

Actuellement

«Au cours des dernières années, j’ai parcouru cette épine dorsale, vertèbre par vertèbre, depuis son embouchure jusqu’aux Bangweulu Wetlands, en direction de la source la plus reculée. Il n’y a pas meilleure manière de sonder l’âme du Congo qu’en remontant et descendant ses fleuves et ses rivières.»
Kris Pannecoucke

Chaque année, la tortue luth vient pondre ses oeufs sur les plages tropicales de Muanda. Pour retourner à la mer, elle se laisse porter par le courant à l’embouchure du fleuve Congo, tellement puissant que l’eau est projetée jusqu’à 800 kilomètres dans l’océan. Ce courant secourable est le même que celui qui a fait soupçonner l’existence du fleuve Congo aux explorateurs portugais du quinzième siècle.

Mais le fleuve servait déjà depuis longtemps aux hommes comme aux marchandises. Bien avant que Conrad ne le rendît célèbre, le fleuve Congo inspirait déjà récits et mythes sur son origine et sur les créatures qui suivent son cours.

Bien avant que Stanley ne s’y aventura, des sorcières remontaient chaque soir le fleuve en pirogue avant de se transformer en hippopotame, et Mokole-mbembe – mi-dragon mi-éléphant capable d’arrêter le courant – errait dans les marécages bourbeux et les méandres du fleuve. Le fleuve Congo, aussi magnifique et fascinant qu’il est dangereux, à l’instar de la mystérieuse Mami Wata, est la seule chose que l’on ne peut enlever aux Congolais.

Le Congo est un pays de paradoxes et de contradictions. Et, à l’image du pays, le fleuve Congo est un ardent mélange de sauvagerie et de douceur. Matrice apaisante et morgue impitoyable. Dans un pays aussi grand que l’Europe, où le réseau routier est peu et mal développé, les cours d’eau sont plus que des voies de communication, ils sont la sève du pays. Les Congolais y naviguent, y pêchent et y transportent leurs marchandises. Le fleuve est l’échine sans laquelle le Congo ne peut tenir d’aplomb.

Au cours des dernières années, j’ai parcouru cette épine dorsale, vertèbre par vertèbre, depuis son embouchure jusqu’aux Bangweulu Wetlands, en direction de la source la plus reculée. Il n’y a pas meilleure manière de sonder l’âme du Congo qu’en remontant et descendant ses fleuves et ses rivières. La vie sur les longues barges de fret, qui serpentent paresseusement le long des traîtres bancs de sable, est le reflet de la vie à terre. «Débrouillez-vous» est le premier commandement sur le fleuve.

Les photos de cette exposition parlent de la vie sur le fleuve et sur ses bords. Elles emmènent l’observateur au fil de l’eau et de la vie qui s’étale, d’une rive à l’autre. C’est un voyage à contre-courant, où la musique de Werrason – «Le roi de la forêt» – résonne en harmonie avec le cri-cri des grillons.

C’est un voyage à contre-courant, où la musique de Werrason – «Le roi de la forêt» – résonne en harmonie avec le cri-cri des grillons.

Kris Pannecoucke

Information:
Du 23 mars au 27 avril 2018
Ouvert au public du lundi au vendredi de 8h à 16h, le samedi de 8h à 14h

Entrée gratuite

Trust Merchant Bank
1, Place du Marché – Gombe – Kinshasa
Téléphone 081 831 0050

Télécharger le catalogue

Kris Pannecoucke

Né à Kinshasa en 1969, Kris Pannecoucke a parcouru le Congo comme photographe indépendant pour différents magazines, des ONG et des entreprises. Son travail a notamment été publié dans National Geographic, l’Obs et GEO.
Passionné par le Fleuve Congo, Kris l’a parcouru durant des années et a rassemblé ses plus belles photos dans le livre ‘Fleuve Congo River’, paru en 2017, avec le soutien de la TMB.

Notre séléction

Mobeka, les passagers font sécher le poisson
Mbandaka, crocodiles en route pour Kinshasa

Lieki, sur la rivère Lomami dans la brume matinale/h5>

Lilanda, batifolage en eaux peu profondes entre deux lavages
Lieki, pêche entre amis
Sephora cherche des palourdes jusqu’à 4 mètres de profondeur
Kisangani, pêcheurs Wagenia dans les rapides des chutes de Boyoma
Kinshasa, sapeurs commémorent chaque 10 février leur père spirituel
Kinkole, les sapeurs dansent jusqu’au bout de la nuit
Bangweulu Wetlands, les femmes glanent du bois mort
Engengele, attente nocturne du bateau de transport